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Vous avez dit «passé colonial» ?
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Série: Le passé colonial
société
histoire

Vous avez dit «passé colonial» ?

La perception d'un moment de l'histoire

L'auteur ressent presque toujours une sorte d’agacement lorsqu’il est question de l’ère coloniale. Quelle lecture peut servir de fil d’Ariane dans ce labyrinthe de suspicions, de malentendus, de dissimulations et d’amalgames de toutes sortes, surtout dans le cas de la Belgique et du Congo ?

Mon agacement est lié à l’accumulation de jugements péremptoires, d’images triomphalistes, de récits frisant le défaitisme et d’analyses ambiguës, trop sûres de leur pertinence. Tout cela est baigné de surenchères émotionnelles si peu disposées à se dissiper face à l’éclairage des sciences sociales qui ne fait pourtant pas défaut. Il est vrai que le discours extrémiste de tous bords et de toutes tendances est toujours plus séduisant et plus facile à consommer que le discours nuancé, encore que ce dernier, à son tour, ne soit pas non plus nécessairement une garantie d’objectivité; il peut également servir de couverture à d’habiles manipulations.

Quelle lecture peut servir de fil d’Ariane dans ce labyrinthe de suspicions, de malentendus, de dissimulations et d’amalgames de toutes sortes, surtout dans le cas de la Belgique et du Congo, cette métropole qui n’a eu qu’une seule colonie et cet empire colonial qui n’a été que d’un seul tenant, dans un seul continent? Quelle attitude adopter quand on est soi-même le produit de cette expérience coloniale? Quel jugement porter et, surtout, de quelle objectivité se prévaloir?

Et, pour que rien ne manque à ce grand défi, celui-ci s’accompagne de trois situations singulières qui rendent cette analyse encore plus complexe au lieu de la faciliter.

Un changement radical

Premièrement, les jugements sur le fait colonial, loin d’être immuables, sont perméables au changement. Dans le cas du Congo et de la Belgique, ils passent même pour être uniformément contradictoires, pour peu qu’on les confronte à partir des mêmes temporalités. Cet exercice de comparaison, je l’ai mené entre la perception des années 1960 (période de la décolonisation) et celle des années 2010 (période du cinquantenaire de l’indépendance).

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