Vent contraire, vent favorable: comment le vélo devint un symbole des Pays-Bas
À quel pays associe-t-on le vélo? Presque tout le monde va citer spontanément les Pays-Bas. Mais les Néerlandais ont-ils toujours été aussi férus de cyclisme, et quand ce lien intime à la bicyclette est-il apparu? Un coup d’œil surprenant dans l’histoire du pays du vélo.
Été 1906. Kees Rijk, un petit paysan de Zélande, a onze ans quand son père rentre du marché avec un moyen de transport étincelant, innovant. Le deux-roues est une véritable révélation pour Kees. Il peut ainsi partir à l’aventure et élargir son horizon – ce qu’il fait par conséquent bien volontiers.
Le souvenir que Kees gardait de son deux-roues fut transmis avec un sourire bienheureux aux générations suivantes, et à moi aussi, sa petite-fille. Penser que le vélo, un moyen de locomotion aussi simple, avait été pour mon grand-père un luxe et une merveille, me fascinait. Je plongeai dans l’histoire du vélo et découvris à mon étonnement que le moyen de transport si intriqué à l’identité néerlandaise … n’est pas du tout néerlandais.
En 1817, le premier vrai vélo fut présenté par l’Allemand Karl Drais: un engin en bois à deux roues alignées, la roue avant étant orientable. Les Pays-Bas n’étaient pas encore prêts à la nouveauté. Auprès de la population, le vélo suscita surtout de l’étonnement et de la crainte. Il était en outre très coûteux et d’utilité assez limitée sur les voies néerlandaises, en piteux état.