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société

Entre émotion et politique: citoyens, entreprises et pouvoirs publics face à la philanthropie

Par Lieven Desmet, traduit par Guillaume Deneufbourg
6 mars 2026 13 min. temps de lecture

Philanthropie: un mot à la résonance classique, mais plus actuel que jamais. En Flandre comme aux Pays-Bas, le secteur de la générosité se porte bien. Chez les premiers, par la chaleur des liens de proximité; chez les seconds, à travers une constellation de structures bien organisées. Dans les deux cas, la philanthropie reflète aussi la relation parfois tendue entre l’État et la société.

À la fois tendre et stratégique, morale et pragmatique, individuelle et collective. Pendant des siècles, la philanthropie, littéralement «amour de l’humanité», a constitué un moteur discret du progrès, un contrepoids moins rude face à la logique implacable des marchés et des États. Un secteur où le citoyen prend le relais lorsque les pouvoirs publics se heurtent à leurs limites.

«L’histoire européenne est marquée par la philanthropie intellectuelle», écrit Kees Buitendijk, directeur de Socires, le centre de réflexion indépendant sur les questions de société. «Si les palais et les œuvres d’art légués par des familles comme les Médicis sont les exemples les plus marquants, plus largement, la recherche scientifique, les écoles d’artisanat, l’art et la culture ont aussi été soutenus par de riches particuliers». Il évoque les racines de la culture du don aux Pays-Bas, avec des figures telles que Willem Hovy ou Anton Philips, à qui des générations d’étudiants doivent leur formation.

Les puissants n’étaient pas les seuls à donner. De simples citoyens mettaient patiemment de côté leurs pièces de monnaie. Ainsi l’Université libre d’Amsterdam, qui puise ses racines dans la Réforme protestante, a-t-elle été bâtie par le peuple. «Cette époque du mécénat généreux et des petites mains laborieuses est révolue», constate Buitendijk. «Les Néerlandais donnent toujours volontiers, mais la philanthropie intellectuelle a quasiment disparu».

De nos jours, la philanthropie est plus diffuse, plus complexe, mais aussi plus professionnelle

Ses propos rappellent que donner relevait, autrefois, d’un devoir moral évident, comme un prolongement naturel de la foi, de la communauté et du civisme. Aujourd’hui, la philanthropie est plus diffuse, plus complexe, mais aussi plus professionnelle. La tradition s’est transformée, mais son esprit perdure dans le don de temps, d’argent et d’expertise, désormais encadré par des fondations et des fonds qui répondent directement aux besoins de la société contemporaine.

Aux Pays-Bas comme en Flandre, les philanthropes sont souvent des familles fortunées, des entrepreneurs, des créateurs et des fondations agissant dans l’ombre.

Deux cultures

Entre la Flandre et les Pays-Bas, on observe, peut-être pas une démarcation nette, mais à tout le moins une différence de tempérament. Les Pays-Bas sont un pays de structures, de statistiques et de fondations stratégiques. On y dénombre plus de 350 000 fondations et associations, dont 43 000 sont reconnues comme «organismes d’utilité publique» (ANBI). La Flandre dispose, à côté de noms connus comme la Fondation Roi Baudouin et de grands fonds ecclésiastiques et locaux, d’un réseau dense de fonds régionaux et de fonds patrimoniaux, soutenu par la Fédération belge des fondations philanthropiques. Celle-ci joue également un rôle de centre de connaissances, en proposant notamment des analyses et formations pour aider les fondations à se professionnaliser.

Les chiffres illustrent la mesure du phénomène: en 2022, plus de 5,3 milliards d’euros ont été versés aux Pays-Bas à des organisations d’intérêt général, soit 0,6% du PIB. Les ménages ont donné 2,2 milliards d’euros, les entreprises 1,75 milliard, et les legs ont rapporté 368 millions. Ces montants fluctuent légèrement au fil des années, mais restent relativement stables. C’est considérable comparé aux montants collectés en Belgique.

«Les dons des Belges proches d’un record absolu», titrait le quotidien économique L’Echo au printemps 2025. En 2024, le montant total des dons ouvrant droit à une réduction fiscale s’élevait ainsi à 375,09 millions d’euros, selon les premières données du SPF Finances, fondées sur les attestations fiscales déposées par les organisations caritatives agréées. Il s’agit du montant le plus élevé depuis 2021, année où le secteur avait récolté 387,61 millions d’euros, un record historique. Mais ce record pourrait être battu. «Les chiffres de 2024 sont encore provisoires, car il est de coutume qu’un certain nombre d’attestations soient déposées tardivement», précise Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances. En 2023, ces attestations tardives représentaient plus de 18 millions d’euros. Si le retard est comparable en 2024, le total pourrait alors dépasser les 390 millions.

Ajoutons que le montant effectivement donné par les Belges est en réalité plus élevé. Les legs, par exemple, ne sont pas intégrés dans ces chiffres, et il n’existe pas de total consolidé. En 2022, les Flamands ont ainsi légué quelque 305 millions d’euros à des œuvres de charité par leur testament. Les autres régions appliquent un régime différent, ce qui complique les comparaisons.

«Pas moins de 61% des Belges interrogés ont soutenu une ou plusieurs organisations caritatives au cours de l’année écoulée, indique Joke Persyn, chercheuse en collecte de fonds privée à la Haute école de Gand (HOGENT). «En 2024, près de 64% des habitants de la Région bruxelloise ont déclaré avoir donné à une œuvre de charité. En Flandre, ce chiffre s’élève à 63%. En Wallonie, il est légèrement plus bas, avec 55%».

Des initiatives annuelles comme Relais pour la Vie de la Fondation contre le Cancer ou De Warmste Week de la radiotélévision publique flamande illustrent aussi une véritable explosion de générosité collective. Des centaines de milliers de Flamands collectent des fonds à travers la musique, le sport et des récits authentiques, porteurs d’émotion. «Les chiffres ne se comptent pas en milliards, précise Joke Persyn, mais ce sont des moments où la solidarité devient tangible. Les gens donnent parce qu’ils sont touchés, sans faire de calculs». En Wallonie, des actions similaires existent, comme Viva for Life, qui a récolté plus de huit millions d’euros en 2022.

La science du don

Ce qui semblait autrefois relever uniquement de l’émotionnel constitue aujourd’hui un champ de recherche à part entière. Aux Pays-Bas, le Centre d’études philanthropiques de l’Université libre d’Amsterdam s’est imposé comme le cœur académique du secteur. «La tentation de vouloir comparer la Flandre et les Pays-Bas est forte, mais nous devons lui résister, car nous ne disposons tout simplement pas des données empiriques nécessaires pour établir des comparaisons précises. Les spéculations abondent, mais les bonnes données manquent», tempère d’emblée René Bekkers, directeur du Centre.

René Bekkers fait figure d’autorité aux Pays-Bas dans ce domaine. Professeur extraordinaire, spécialiste des comportements prosociaux, il collabore au projet Geven in Nederland, la publication de référence sur les dons aux Pays-Bas. Cette étude bisannuelle cartographie les flux financiers, les motivations et les tendances. Elle montre que les Néerlandais sont non seulement généreux, mais fidèles, même en période de crise. Toutefois, la nature du don évolue: moins d’espèces, davantage de numérique; moins via les Églises, davantage via les campagne de crowdfunding, les réseaux sociaux et les legs.

Côté flamand, ce travail de recherche est notamment mené par Joke Persyn. «La proportion de Flamands qui donnent régulièrement se situe entre 60 et 65% et est remarquablement stable, dit-elle. Lors des crises, comme la pandémie de Covid, nous avons même observé une hausse. Les gens restent solidaires. L’incapacité financière demeure la principale raison de ne pas donner».

Elle souligne aussi l’importance du lien personnel et de la confiance. «Les Flamands préfèrent donner à des organisations ou à des personnes qu’ils connaissent. La notoriété et la proximité sont les meilleurs prédicteurs. Il ne s’agit pas seulement d’argent, mais du sentiment: je contribue à faire une différence, mon action produit un effet, sert à quelque chose».

Depuis plus de vingt ans, le Streekfonds West-Vlaanderen (Fonds régional de Flandre-Occidentale) crée des ponts entre organisations et donateurs socialement engagés. «Nous développons nous-mêmes des projets axés sur les enfants et jeunes en situation de vulnérabilité, nous soutenons des organisations sociales, les mettons en contact avec des donateurs engagés et aidons les entrepreneurs à optimiser leur engagement sociétal», explique son coordinateur Jan Despiegelaere.

Le visage humain de la philanthropie

En 1865, quelques Amstellodamois fortunés ont financé sur fonds propres l’aménagement de l’actuel Vondelpark, destiné à devenir un parc public vert pour la classe ouvrière dans une ville jugée monotone. Aujourd’hui, plus de dix millions de personnes fréquentent chaque année «leur» parc.

«Nous définissons la philanthropie comme l’utilisation de ressources pour améliorer le monde et générer un impact, résume Joke Persyn. Cela peut passer par des individus, des groupes ou des entreprises. L’objectif reste toujours le même: faire une différence avec les moyens disponibles».

Les baby-boomers se révèlent les plus généreux: maison remboursée, enfants adultes, il leur reste de la marge pour rendre à la société, en argent ou autrement.

Aux Pays-Bas, les données confirment ce constat: 45% des Néerlandais font du bénévolat, un chiffre qui a certes un peu reculé depuis la période du Covid, mais qui reste exceptionnellement élevé. Cela montre que la philanthropie ne se joue pas seulement en argent, mais aussi en temps et en proximité. Donner de son temps à autrui devient alors, lui aussi, une forme de philanthropie.

Pourtant, une ombre plane sur le secteur: la méfiance. L’opinion publique réagit vivement dès qu’elle a le sentiment que des organisations consacrent trop de moyens aux «frais de fonctionnement». Le problème, rappelle Persyn, est que «sans un minimum de professionnalisation, vous n’atteignez personne. Pour avoir un impact, il faut investir. La transparence s’améliore, avec des initiatives comme Donorinfo ou l’ASBL Ethisch Fondsenwerven (Collecte de fonds éthique), mais cette perception reste un défi».

Ce problème d’image ne se pose pas lors des circonstances extrêmes, ajoute Persyn. «Lorsque surviennent des catastrophes, nous constatons que les projets structurels ne sont pas en difficulté. On touche de nouveaux publics, les gens se sentent plus impliqués et donnent davantage».

Cet engagement s’inscrit par ailleurs dans une longue tradition. La campagne télévisée Open het Dorp (Rendre le village possible), diffusée en 1962 depuis le centre de congrès RAI à Amsterdam, fait à ce titre figure de légende. Cela a été la toute première grande collecte de fonds diffusée simultanément à la télévision et à la radio, dans la mesure où tout le monde n’avait pas encore de téléviseur à l’époque. Mies Bouwman en avait assuré la présentation. L’émission a marqué sa grande percée sur le petit écran. «Je vous remercie de m’avoir offert la plus belle journée et la plus belle nuit de ma vie», avait-elle déclaré avec émotion au cours d’une émission qui a duré pas moins de vingt-trois heures. Au total, plus de 12 millions de florins avait été récoltés (5,4 millions d’euros) pour Het Dorp (Le Village), la première communauté résidentielle autonome destinée aux personnes en situation de handicap aux Pays-Bas.

En 1984, Mies Bouwman, entre-temps devenue immensément populaire, a remis le couvert en organisant une collecte en faveur de l’Afrique. L’opération Één voor Afrika (Unis pour l’Afrique) a récolté 50 millions de florins (22,7 millions d’euros). Ce type de grand show mobilisateur s’installera à demeure à la télévision néerlandaise, comme en 2022, lors de la grande action organisée pour l’Ukraine.

Partenaires ou opposés?

Aux Pays-Bas, l’État ne craint pas la philanthropie. Au contraire, il l’encourage. Le régime ANBI et la loi dite Geefwet (loi sur les dons) rendent les dons fiscalement attractifs, en particulier pour les institutions culturelles. Les pouvoirs publics considèrent la philanthropie comme un complément aux services publics, et non comme une forme de concurrence.

Gageons qu’en Belgique, la situation est quelque peu différente. La déductibilité des dons y est plus limitée et plus complexe. Les dons à partir de 40 euros sont désormais préremplis dans la déclaration fiscale, ce qui semble pratique, mais soulève aussi des questions en matière de respect de la vie privée. En outre, l’avantage fiscal risque d’être abaissé de 45 à 30%, une mesure qui, selon différentes études, constituerait une véritable douche froide pour les donneurs. Lorsque le coût du don augmente, la générosité diminue de manière disproportionnée. Aussi les petites organisations disposant d’une attestation fiscale risquent-elles, en particulier, de voir leurs revenus s’assécher. Or ce sont précisément ces fondations qui font la différence à l’échelle locale.

Barry Hoolwerf replace cette situation dans une perspective plus large. Il est directeur exécutif de l’European Research Network On Philanthropy (ERNOP), un réseau de chercheurs dont l’ambition est «d’initier, coordonner et promouvoir une recherche d’excellence en philanthropie en Europe». Il explique: «Malgré les différences, il me semble que la Flandre et les Pays-Bas occupent tous deux une position hybride entre le modèle rhénan et le modèle anglo-saxon de la philanthropie. Dans le modèle anglo-saxon, tel qu’on le connaît aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’initiative privée est centrale et les fondations et entreprises privées assument une large part des responsabilités. Le modèle rhénan, que l’on retrouve par exemple en Allemagne et en Scandinavie, met davantage l’accent sur le rôle central de l’État, la philanthropie jouant un rôle complémentaire.»

«Les Pays-Bas et la Flandre se situent entre les deux, mais avec des accents distincts, poursuit-il. Les Pays-Bas disposent ainsi d’une tradition de don plus ancienne et mieux documentée. Grâce à une recherche structurée et à un écosystème riche en fondations et fonds patrimoniaux, le secteur y est plus avancé en matière de professionnalisation, de transparence et de coopération stratégique. La Flandre, en revanche, s’appuie davantage sur une tradition d’inspiration sociale, où la collaboration avec les organisations de la société civile continue de jouer un rôle important. Ce sont précisément ces différences qui rendent la comparaison intéressante : elles montrent que la répartition des rôles entre citoyens, entreprises et pouvoirs publics s’articule différemment dans les deux pays, tout en révélant ce qu’ils ont en commun dans leur quête d’une philanthropie équilibrée et adaptée à notre époque».

Entre émotion et justice

Certains doutent que la philanthropie soit encore nécessaire en 2025, dès lors que l’État mène des politiques publiques et apporte une aide. Or, affirme Joke Persyn, c’est tout le contraire. «Le soutien public devient de plus en plus limité et moins structurel: les organisations doivent soumettre davantage de dossiers intermédiaires, qui couvrent rarement les frais de fonctionnement de base. Beaucoup d’organisations ne peuvent tout simplement pas fonctionner sans soutien philanthropique. Nous constatons également que les avantages fiscaux sont progressivement réduits, ce qui accroît encore les besoins. La philanthropie constitue donc un complément indispensable au soutien public».

Le philosophe australien Peter Singer a consacré à cette question un ouvrage influent, The Life You Can Save. Son raisonnement est le suivant: lorsque l’on voit un pompier sauver un enfant d’un immeuble en flammes, cet homme devient un héros pour le reste de sa vie. Mais, en réalité, chacun d’entre nous peut également sauver des vies.

Pamala Wiepking est professeure à l’Université libre d’Amsterdam, spécialiste de l’impact sociétal des œuvres caritatives. Elle est également titulaire de la Stead Family Chair in International Philanthropy et Associate Professor of Philanthropy à l’université Indiana d’Indianapolis. Elle connaît donc bien les différences culturelles en matière de don. Sur le site journalistique indépendant Wereld van Filantropie (Monde de la philanthropie), elle déclare: «Les Néerlandais donnent par exemple beaucoup moins à l’éducation, aux soins de santé et à la lutte contre la pauvreté que les Américains. Ce constat tient évidemment à notre confiance dans l’État-providence et à l’idée que ces missions relèvent des pouvoirs publics, puisque nous payons beaucoup d’impôts. Aux États-Unis, la situation est différente, et les collectes de fonds pour les écoles, par exemple, font partie du quotidien».

Ive Marx: La philanthropie est certainement utile en cas de crise, par exemple, mais elle ne peut remplacer la politique publique

Tout le monde ne vénère pas forcément de façon inconditionnelle toutes ces formes de philanthropie. «Une société juste ne peut jamais reposer uniquement sur la charité», affirme Ive Marx, professeur de politique socio-économique à l’université d’Anvers et directeur du Centre de politique sociale Herman Deleeck. «La générosité peut inspirer, donner de l’espoir et combler des lacunes, mais la justice sociale exige organisation et structure. La philanthropie est un complément, pas un substitut. Elle est certainement utile en cas de crise, par exemple, mais elle ne peut remplacer la politique publique. La lutte contre la pauvreté est une mission fondamentale de l’État et ne peut dépendre entièrement de la charité».

La position de Marx touche ainsi au cœur d’un débat croissant: la philanthropie est-elle un simple baume appliqué sur les plaies de l’inégalité ou est-elle une réponse structurelle? Certains philanthropes, tels que les membres de Millionaires for Humanity, plaident même pour une taxation plus élevée du capital. Ce collectif de personnes fortunées s’engage en faveur de changements systémiques et d’une plus grande justice sociale, comme en témoignent des initiatives telles que The Giving Pledge et les activités philanthropiques de grandes fortunes. Ces engagements combinent souvent des dons directs et un plaidoyer en faveur de solutions structurelles.

D’autres estiment au contraire que c’est précisément la liberté et la souplesse de la philanthropie qui font sa force. Durant la crise du Covid et la guerre en Ukraine, des millions d’euros ont pu être mobilisés en quelques jours. Aucun ministère n’aurait pu agir avec une telle rapidité.

Une beauté imparfaite

La philanthropie oscille ainsi en permanence entre émotion et politique, entre don spontané et aide stratégique, entre sens civique et nécessité sociale. Elle est aussi un miroir: elle révèle là où les sociétés échouent, mais aussi là où elles prospèrent.

En Flandre, elle est plus modeste, enracinée dans la communauté. Aux Pays-Bas, elle est plus ample, plus transparente. Mais de part et d’autre de la frontière, on retrouve le même désir: réparer ce qui est brisé, laisser une trace durable derrière soi. La philanthropie devient alors un allié discret. Elle respire au rythme des sociétés, entre crise et prospérité, inégalité et espérance. Et peut-être est-ce là sa plus grande valeur: dans son imperfection, elle donne à voir l’être humain tel qu’il est, prêt à partager, à réparer, à croire que l’amour de l’humanité, aussi fragile soit-il, n’est jamais vain.

Lieven Desmet

Lieven Desmet

journaliste

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