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Faim de salon. Penser à Paris aujourd'hui avec Luuk van Middelaar
Les retrouvailles avec nos archives
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Faim de salon. Penser à Paris aujourd'hui avec Luuk van Middelaar

En Flandre, nous parlons d’objets perdus. Aux Pays-Bas, ce sont des objets trouvés. Et si, en ces temps étranges, nous faisions vraiment de la perte une trouvaille? Prenez par exemple les archives de Ons Erfdeel vzw. On peut très bien y pêcher chaque semaine une pièce intéressante. Sans même qu’elle ait nécessairement un rapport avec le coronavirus. Une pièce, tout simplement, qui nous ouvre une nouvelle perspective sur les choses ou qui, après quelques années, acquiert une signification nouvelle. Bref, un objet trouvé.

Au début du XXIe siècle, le jeune philosophe et historien néerlandais Luuk van Middelaar est allé étudier à Paris, nanti du prestigieux prix de Paris pour son premier livre Politicide. Le meurtre de la politique dans la philosophie française (Van Gennep, 1999). Il raconte dans un style attrayant les cours qu’il a suivis auprès d'éminents philosophes français. Luuk van Middelaar qui a été conseiller du premier président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dont il était la plume, est devenu entretemps un fin connaisseur des rouages de la mécanique européenne. Lisez ses livres: Le Passage à l’Europe. Histoire d’un commencement (Gallimard, 2012) et Quand l’Europe improvise (Gallimard, Paris, 2018).

Comme tous ceux qui voient dans la Ville Lumière un rite de passage, Van Middelaar souhaitait lui aussi devenir «Parisien», mais il se demandait avant tout dans cet essai : «Est-ce qu’on pense encore à Paris?» Pour trouver réponse à cette question, il a assisté à la grande messe de Derrida, et il est allé écouter Alain Badiou, Marcel Gauchet, Claude Lefort et Pierre Bourdieu. O tempora o mores!

Cet article a paru dans un numéro thématique encore fascinant sur le pouvoir d’attraction qu’exerce Paris sur les penseurs, écrivains et artistes des Plats Pays: «Vaut le voyage». Surtout, les photos d’Ed van der Elksen des années 1950 demeurent déchirantes de beauté. Ma préférée est celle d’un jeune homme qui a posé sa tête sur une table pour dormir. Sur cette table, et à côté de deux billets froissés de cent francs français, se trouve une feuille de papier avec le message: «Pour aller faire l’amour je cherche 450 Frs. Tous les dons sont acceptés – Ne me réveillez pas». (Pour ceux qui ont le numéro, c’est à la page 84.)

Tolle et lege

Vous pouvez lire ICI l'article de Luuk Van Middelaar paru dans Septentrion, 2003, nº 1, p. 13-21.

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