L’écrivaine caribéenne néerlandophone Astrid Roemer est décédée
La grande dame de la littérature surinamaise Astrid H. Roemer (1947-2026) est décédée à l’âge de 78 ans à Paramaribo, sa ville natale.
Née au Suriname et ayant vécu de nombreuses années aux Pays-Bas, Roemer comptait parmi les autrices les plus marquantes de l’aire linguistique néerlandaise. Elle laisse derrière elle un héritage littéraire d’une importance durable pour la littérature néerlandaise, la Caraïbe et le Suriname. Son œuvre continuera d’être largement appréciée, lue, étudiée et débattue, tant au niveau national qu’international.
Au fil de sa carrière, elle a reçu de nombreuses distinctions prestigieuses, parmi lesquelles le prix P.C. Hooft en 2016 et le prix des Lettres néerlandaises en 2021, devenant la première autrice surinamaise à se voir décerner ces plus hautes récompenses littéraires.
© Raul Neijhorst
Poète, romancière et dramaturge prolifique, elle a fait ses débuts en 1970, sous le pseudonyme de Zamani, avec le recueil de poésie Sasa: mijn actuele zijn. Sa percée aux Pays-Bas survient en 1982 avec le roman Over de gekte van een vrouw (Sur la folie d’une femme), un roman expérimental qui explore la complexité de la condition féminine.
Dans les années 1990, elle publie trois romans décoloniaux qu’elle qualifiait elle-même de «triplés»: Gewaagd leven (1996), Lijken op liefde (1997) et Was getekend (1999), réunis par la suite sous le titre Onmogelijk moederland.
Le Suriname constitue un fil rouge de son œuvre: Roemer fait place aussi bien la petite histoire qu’à l’histoire de la colonisation, de l’esclavage, de la corruption et de la décolonisation.
À la suite de l’attribution du prix des Lettres néerlandaises, l’écrivaine et compatriote Tessa Leuwsha l’avait rencontrée à Paramaribo pour un entretien consacré à ses personnages, à sa langue, au colonialisme et à l’avenir du Suriname. Roemer y déclarait: «Je ne revendique pas le territoire comme une sorte de propriété nationale ou historique. Pourtant, nulle part au monde je ne suis aussi contente que dans mon pays natal».
À ce jour, aucune de ses oeuvres n’a été publiée en français. Seuls des extraits ont fait l’objet de traductions.
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