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19 avril 1839: la fin officielle du Royaume-Uni des Pays-Bas
histoire

19 avril 1839: la fin officielle du Royaume-Uni des Pays-Bas

Le 19 avril, la Belgique compte officiellement 180 ans d’existence. Ceci n’est pas tout à fait exact, car la Belgique est évidemment née en 1830, après une révolution au terme de laquelle elle s’est affranchie du Royaume-Uni des Pays-Bas. Mais c’est le 19 avril 1839 que le roi Guillaume Ier des Pays-Bas a finalement accepté le traité consacrant la séparation entre son pays et la Belgique.

Peu après la révolution belge, les révolutionnaires ont réussi à conclure avec les grandes puissances un traité relativement avantageux pour eux. Dans la foulée, le Congrès national belge a entériné ce Traité des XVIII articles. Mais le roi Guillaume Ier des Pays-Bas a refusé d’admettre cet accord et a attaqué la jeune Belgique. Au bout d’une campagne de 10 jours, grâce principalement au soutien de l’armée française, les Néerlandais ont de nouveau été refoulés. Les grandes puissances, inquiètes de la vulnérabilité de la Belgique, ont alors proposé un nouveau traité, plus favorable aux Pays-Bas. Mais c’était compter sans l’obstination de Guillaume, qui, se sentant toujours floué, refusa de signer ce nouvel accord, dit Traité des XXIV articles.

Aux termes du nouveau traité, la Belgique devait restituer aux Pays-Bas une partie du Limbourg et renoncer à la partie orientale du Luxembourg. Elle devait en outre assumer une plus grande part de la dette d’État. D’autre part, la Belgique resterait neutre. Les Pays-Bas étaient tenus de laisser libre l’accès au port d’Anvers par l’Escaut occidental, et la Belgique avait droit à une liaison entre le port d’Anvers et le Rhin, appelée Rhin d’acier.

Mais Guillaume persistait dans son refus. La Belgique et les Pays-Bas restaient sur pied de guerre. Les troupes néerlandaises continuaient d’occuper certains postes à proximité du port d’Anvers. Il fallut l’intervention d’une coalition franco-britannique pour amener le souverain néerlandais à revoir ses prétentions à la baisse. La situation était bloquée. Jusqu’à ce jour de mars 1838 où Guillaume, contre toute attente, annonça qu’il approuvait les termes des XXIV articles tels que définis en 1831 par la Conférence de Londres et qu’il reconnaissait l’indépendance de la Belgique. Le Traité initial devait cependant subir quelques aménagements mineurs. La navigation sur l’Escaut devenait totalement libre et la Belgique bénéficiait d’une réduction de sa part dans le recouvrement de la dette d’État du Royaume-Uni des Pays-Bas.

Le soudain revirement de Guillaume Ier était surtout dû à la situation politique intérieure. Les rapports entre le monarque et la classe politique de son pays s’étaient fortement détériorés. Le mode de gouvernance du roi n’était plus accepté et, de surcroît, la situation financière des Pays-Bas était très mauvaise. Un assainissement des finances publiques s’imposait d’urgence. Signer le traité de paix avec la Belgique constituait pour Guillaume Ier un premier pas dans le sens des exigences du monde politique. Ce n’était d’ailleurs pour lui qu’un sursis. En 1840, le scandale provoqué par l’annonce de son mariage avec une comtesse belge catholique allait le contraindre à démissionner.

Les effets du Traité des XXIV articles sont encore perceptibles de nos jours. Lorsque l’invasion allemande, en 1914, a violé la neutralité de la Belgique, l’empire britannique s’est senti obligé de voler au secours de celle-ci. Lors de la signature du traité, il s’était en effet porté garant de la neutralité de la Belgique. Même le Rhin d’acier et l’accessibilité du bras occidental de l’Escaut à la navigation font aujourd’hui encore l’objet de discussions entre les deux pays.

Il n’empêche: de conflit entre les Pays-Bas et la Belgique, il n’a plus été question après 1839. Durant ces 180 ans, les deux voisins sont devenus amis.

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