Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

Aux morts de la colline de Notre-Dame-de-Lorette
© Nicolas Montard
© Nicolas Montard © Nicolas Montard
Ces lieux de guerre qui ont fait notre histoire
Les Pays-Bas français

Aux morts de la colline de Notre-Dame-de-Lorette

Rares sont les endroits qui symbolisent autant les conséquences désastreuses d’un conflit armé. En haut de la colline de Notre-Dame-de-Lorette, les croix s’alignent par milliers. Zone de feu et de sang il y a un siècle, elle est devenue paradoxalement un lieu de quiétude.

C’est un chiffre qui donne le vertige: 42 000. 42 000 comme le nombre d’hommes qui ont pour dernière demeure la colline de Notre-Dame-de-Lorette, aux encablures du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et de la plaine de l’Artois. Ils dorment ici sous des milliers de croix si parfaitement alignées que la perspective en donne le vertige. D’autres reposent quant à eux dans les ossuaires, dont celui de la Tour-lanterne, dont la lueur éclaire l’horizon chaque nuit.

Notre-Dame-de-Lorette: un symbole. La colline d’Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) est identifiée comme stratégique dès les débuts du conflit. On comprend parfaitement pourquoi du premier coup d’œil aujourd’hui. Elle offre une vue parfaitement dégagée sur le bassin minier et la plaine de l’Artois.

Ce sont les Allemands qui s’y installent en premier. Les Français auront alors à cœur de les déloger. Trois batailles majeures ont lieu: une première offensive française sans succès en décembre 1914; une nouvelle attaque victorieuse cette fois-ci qui débute le 9 mai pour se finir le 19 juin, sous l’impulsion du maréchal Joffre; la troisième bataille a lieu à la fin de l’été-début d’automne. Les pertes (morts, blessés, disparus) de cette boucherie sont estimées à… 280 000 hommes!

Forcément, la colline, où était édifié un oratoire, lieu de pèlerinage au dix-huitième siècle, devient rapidement un symbole après-guerre. Les dépouilles de soldats de 150 cimetières du front du nord sont rassemblées ici pour reposer dans la désormais nécropole nationale, la plus importante de France. Elle s’étend autour d’une chapelle, de style romano-byzantin, édifiée par l’architecte Louis-Marie Cordonnier. Notre-Dame-de-Lorette fait même partie des quatre monuments nationaux français de la Première Guerre mondiale avec Douaumont (Meuse), le Vieil-Armand (Haut-Rhin) et Dormans (Marne).

Y déambuler aujourd’hui permet de méditer sur les affres d’un conflit, mais aussi de réfléchir sur sa mémoire et la transmission. Dans la nécropole, vous croiserez des silhouettes portant un insigne, un béret et un brassard. Ce sont des gardes d’honneur, soit une association de bénévoles qui se relaient chaque jour de mars à novembre depuis 1927 pour surveiller les lieux et guider les visiteurs dans le cimetière. 4 200 enfants du pays, des villages voisins, dont depuis quelques années une centaine de femmes, sensibilisés dès leur plus jeune âge au sang versé sur cette terre d’Artois, qui se sont transformées en vigies de la mémoire. Une mémoire qui évolue avec le temps.

Avec le Centenaire de la Grande Guerre, un centre d’interprétation a ouvert au pied de la colline. Près du sommet, c’est un immense anneau qui s’est déployé en 2014. Imaginée par Philippe Prost, cette réalisation de 345 mètres de périmètre, affiche les noms de soldats de toutes nationalités tombés sur les terres de Flandre et d’Artois. Il y a 580 000 inscriptions. Vertigineux comme la colline de Lorette.

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