Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

Passerelle démocratise la danse contemporaine
© Passerelle
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Passerelle démocratise la danse contemporaine

Pour ce nouvel épisode de la série Passage consacrée aux lieux et structures culturelles de part et d’autres de la frontière, rendez-vous à Courtrai, chez Passerelle. Entretien avec son directeur artistique, Pol Coussement.

Deux cents projets par an, une cinquantaine d’artistes impliqués, des milliers de jeunes flamands qui ont dansé… s’il était prétentieux, Pol Coussement pourrait facilement se mettre en avant. C’est loin d’être le cas: le danseur a beau avoir bâti un projet qui tient la route en moins de deux décennies, son intérêt du collectif prédomine dans ses paroles: «Pour moi, Passerelle, c’est surtout un rapport gagnant-gagnant entre les professionnels de la danse et jeunes. Chacun s’y retrouve. J’aime aussi le fait que ce soit développé de manière organique, sans forcer les choses.»

Le credo de ce chorégraphe et danseur qui est monté sur les planches, par exemple, pour la pionnière de la danse belge, Jeanne Brabants? À la fin du XXe siècle, le Courtraisien, par ailleurs coordinateur de Dans in Kortrijk, commence à mettre en contact des danseurs et chorégraphes professionnels avec des jeunes qui n’ont que quelques notions de danse, voire aucune. En 2005, la structure Passerelle nait officiellement. Elle est subventionnée par le gouvernement flamand depuis 2009.

«Une injection artistique»

Concrètement, l’idée est que ces jeunes, qui rencontrent Passerelle via des établissements culturels disséminés dans toute la Flandre (centres culturels, bibliothèques, etc.), puissent avoir cette chance de travailler avec des professionnels sur des projets durant une semaine, voire un mois. «En général, ce sont des groupes de cinq-dix jeunes», résume Pol Coussement, rencontré dans ses bureaux de Courtrai, à deux pas de la Buda Tower, cette ancienne tour de brasserie promue en studio de danse.

Les projets vont au-delà du simple spectacle sur scène. Des danseurs ont œuvré au sein des collections du béguinage pour proposer une véritable pièce en lien avec l’inauguration du musée. D’autres, sous un pont avec la bande sonore du roulement des voitures (dans In Giru). Certains dans un magasin vidé de son contenu, les gradins des spectateurs étant… la rue derrière la vitrine (dans Etalala). On le voit, la performance n’est jamais très loin. «Notre idée, c’est aussi que cette proposition donne à ces jeunes une expérience pour la vie au-delà de la danse. Nos mots-clés, c’est: surprendre, découvrir, essayer d’aller au fond des choses».

L’objectif sous-jacent est d’ailleurs très simple, reconnaît volontiers Pol Coussement: ouvrir la danse contemporaine au plus grand nombre et vaincre les clichés. «Il y a toujours beaucoup de préjugés. Passerelle permet de montrer la danse, de mais aussi de prouver que la danse contemporaine nécessite un grand travail, de la méticulosité, de la discipline. Mais ici, nous ne sommes pas une école de danse. Je me plais à dire que nous faisons plutôt une injection artistique». Avec l’avantage de pouvoir compter sur de grands noms: Sidi Larbi Cherkaoui, Lisbeth Gruwez, Vera Tussing Bérengère Bodin, Alexander Vantournhout ont fait partie des chorégraphes-danseurs qui ont porté des projets Passerelle. Dont certains s’offrent même des tournées ensuite.

Ainsi, en 2014, cinq jeunes du Courtraisis ont participé au festival 17 semanas de danca à Rio de Janeiro, avec le spectacle WeAllGo du duo de chorégraphes Benjamin Vandewalle et Vincenzo Carta. «Le fait qu’on ne soit pas une compagnie, mais que ce soit différents chorégraphes-danseurs qui interviennent donnent aussi une grande diversité, intéressante, je trouve».

Avec des jeunes à Roubaix aussi

Cette injection artistique, Pol Coussement lui fait également franchir la frontière, même si ce n’est pas vraiment sous la marque Passerelle, les deux systèmes de France et Belgique étant peu compatibles pour des projets transfrontaliers. Le Belge, qui avoue volontiers qu’il va plus facilement aujourd’hui à Lille qu’à Gand pour la journée ou la soirée, a ainsi travaillé pendant dix ans avec Magalie Mattana à Roubaix.

«C’était d’abord un projet avec les CM2 d’une école, puis suite à la volonté des jeunes, nous avons poursuivi hors temps scolaire.» La compagnie socio-artistique Miroir d’eux a même vu le jour. Et si Pol Coussement a arrêté cette collaboration d’une décennie en juin dernier, il l’a trouvée «fantastique».

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