Poète recherché pour sous-titrer la ville
Une ville mérite-t-elle d’être qualifiée de «ville» si aucun poète ne la chante? Aux Pays-Bas et en Flandre, il existe aujourd’hui des dizaines de stadsdichters, des «poètes municipaux» chargés de mettre la vie locale en vers. À mi-chemin entre artiste officiel, chroniqueur urbain et animateur culturel, ils écrivent, déclament, organisent ateliers et interventions dans l’espace public. Une fonction bien établie dans le monde néerlandophone, mais quasiment inexistante dans l’espace francophone. Anne Louïse van den Dool explore les multiples visages de ce phénomène.
D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie attirée par le mandat de «poète de la ville». Cela m’a toujours semblé être une mission merveilleuse: se voir offrir la possibilité, sous une forme poétique, d’en quelque sorte «sous-titrer» les événements qui marquent la vie de la cité d’où l’on vient, où l’on vit. Si ce poste venait un jour à se libérer dans mon lieu de résidence, m’étais-je promis voici déjà pas mal de temps, je postulerais quoi qu’il arrive –ou je croiserais très fort les doigts pour qu’on me confie cette tâche, à supposer que lui soit attaché le prestige qu’on lui prête.
À ma grande joie, cette opportunité s’est enfin présentée l’année: Zoë van de Kerkhof, la poète officielle de Leyde –ma ville natale où je vis encore aujourd’hui–, a quitté ses fonctions après un mandat de trois ans. Comme elle avait suivi, voici quelques années, l’un de mes cours d’écriture, j’ai pris mon courage à deux mains pour lui proposer de prendre un café: en quoi consiste exactement le poste de stadsdichter?
En face de moi a pris place une poète remuante qui s’est exprimée avec enthousiasme au sujet des missions qu’elle a eu le privilège de remplir. En tant que représentante de notre cité, elle a écrit une vingtaine de poèmes par an, m’a-t-elle expliqué, s’en tenant pour certains d’entre eux tout simplement au calendrier: anniversaire de l’université locale (chaque 8 février), commémoration des victimes néerlandaises des différents conflits (chaque 4 mai), le Keti Koti –fête célébrant l’abolition de l’esclavage en 1893 dans la colonie du Suriname– (chaque 1er juillet), alors que d’autres répondaient à nombre de demandes ponctuelles, le tout remplissant aisément son emploi du temps.
Ces différents projets lui ont permis d’accéder à toutes sortes de cercles auxquels elle n’aurait sans doute jamais eu accès. «Je me suis plongée dans les sujets les plus divers: des matériaux d’isolation (dans le cadre d’une campagne municipale en faveur du développement durable) à l’histoire drapière de Leyde!» Au cours de toute cette période, m’a confié Zoë, les portes qui se sont ainsi ouvertes et les rencontres auxquelles cela a abouti n’ont fait qu’accroître l’attachement qu’elle éprouvait déjà pour notre localité de Hollande-Méridionale.
Pour désigner son successeur, un concours a été organisé. Tout habitant de Leyde pouvait y participer en envoyant, de façon anonyme, au maximum trois poèmes. Après une première sélection opérée par un jury averti, les candidats encore en lice ont pris part à quelques événements ouverts au public avant que le nom du lauréat ne soit finalement révélé. Autrement dit, une personne qui a en principe montré de belles qualités tant sur le papier que sur scène.
À l’approche de la date limite d’inscription, je me suis de plus en plus souvent demandé: en quoi consiste le mandat en question et dans quelle mesure suis-je faite pour cela? Produire un poème toutes les deux semaines sur demande, est-ce bien dans mes cordes? Suis-je réellement une autrice doublée d’une bête de scène? Enfin, est-ce que je connais suffisamment ma ville pour écrire des vers invitant à une introspection sur ce qui s’y passe?
Connais ta ville
Je ne suis manifestement pas la seule à être séduite par l’idée de voir une cité représentée par un poète. En effet, la popularité de la fonction que celui-ci endosse ne cesse de croître. Alors qu’en 2001, seules deux communes néerlandaises comptaient un poète officiel, il y en avait déjà cent quarante-six en 2015. Venlo, ville du Limbourg, a été la première à en désigner un, à savoir Emma Crebolder, nommée pour un an le 1er janvier 1993. En Flandre, c’est Anvers qui revendique le premier stadsdichter, à savoir Tom Lanoye, ceci en 2002. La plupart des localités en ont un seul, mais il arrive que certaines, telles Courtrai, Utrecht et Anvers, optent pour un collectif. Outre les poètes personnifiant une ville, il en existe qui représentent une île –par exemple Texel et Terschelling en Frise–, voire une province, ainsi de la Hollande-Méridionale et de la Gueldre. Le mandat porte en général sur deux ou trois ans, mais, lorsqu’on ne trouve pas à temps un successeur au titulaire, ce dernier reste plus longtemps en fonction.
Steven Van de Putte qualifie le stadsdichter de «concepteur urbain»: «Je pense par exemple à Marjolijn van Heemstra, alors en poste à Amsterdam: à travers un projet poétique, elle a plaidé en faveur d’une forme plus intégrée de développement urbain, en accordant une place réelle à la flore et à la faune.» © Sanne Peper
Au fil des ans, fonction de poète de la ville a pris une dimension plus large, recouvrant différentes missions. Pour y voir plus clair, Steven Van de Putte, lui-même, entre 2019 et 2022, poète de la ville de Deinze en Flandre-Orientale, a rédigé en 2024 le manuel Iedereen stadsdichter (Tout le monde poète municipal). En un peu plus de cinq cents pages, il a rassemblé les bonnes pratiques de Flandre et des Pays-Bas, tout en proposant aux administrations locales et aux poètes officiels un modèle de collaboration. Ceci après s’être entretenu avec des dizaines de protagonistes dans l’une ou l’autre des contrées néerlandophones. Sa conclusion: il est possible d’assumer un tel mandat de multiples façons.
Selon Van de Putte, le poète municipal joue un rôle social, voire thérapeutique, par exemple en participant à des projets destinés à des groupes vulnérables –personnes âgées isolées ou encore personnes seules. Lars Ferwerda, ancien poète officiel d’Alphen-sur-le-Rhin, a ainsi écrit des vers destinés à des centres pour des séniors de sa commune; affichés dans les locaux en question, ses textes ont servi de sujet de conversation entre les résidents. De son côté, Sanne Leenders, poète officielle de Turnhout en 2023-2024, a composé avec des habitants de cette localité de la province d’Anvers des poèmes sur ce que ces derniers ressentaient, écrits rassemblés ensuite dans un recueil. Pareils projets revêtent souvent un aspect participatif: on encourage des particuliers à prendre part à un atelier d’écriture, à assister à un festival, etc.
Alors qu’en 2001, seules deux communes néerlandaises comptaient un poète officiel, il y en avait déjà cent quarante-six en 2015
La fonction de poète d’une ville donnée n’est pas dénuée d’une dimension de marketing: après tout, pourquoi la poésie ne contribuerait-elle pas à donner une image plus positive de telle ou telle cité? Cela peut conduire à des changements visibles dans l’espace public, ne serait-ce que grâce au placement, dans un parc, d’un «banc de la poésie». De plus, le mandat revêt une signification philosophique. À cet égard, Van de Putte qualifie le stadsdichter de «concepteur urbain». «Je pense par exemple à Marjolijn van Heemstra, alors en poste à Amsterdam: à travers un projet poétique, elle a plaidé en faveur d’une forme plus intégrée de développement urbain, en accordant une place réelle à la flore et à la faune.»
En principe, le titulaire de la fonction se doit également de sensibiliser la population à l’art qu’il pratique, d’abord indirectement, en déclamant des vers lors de certains événements –commémorations, festivités… –, qui attirent d’autres personnes que les seuls amateurs de poésie, mais aussi plus directement, en organisant des ateliers d’écritures et des conférences.
Liberté poétique
Toujours selon Steven Van de Putte, un accord clair entre l’administration municipale et le poète sur la teneur de sa mission est essentielle pour une bonne collaboration. «L’idéal, c’est l’existence d’un contrat dénué d’ambiguïtés quant aux aspects pratiques –rémunération, nombre minimum de poèmes à écrire, etc.–, et au fond de sa mission. À ce titre, il est important que la vision de la ville et celle du stadsdichter se rejoignent en un projet commun. Enfin, il convient que la liberté poétique soit garantie à tout moment: un auteur doit en effet pouvoir s’exprimer de manière critique –mais constructive– sur le fonctionnement de sa localité.»
C’est à propos de cette dernière exigence que les choses ont mal tourné à Anvers, première ville flamande à avoir eu un poète officiel. En 2022, un collectif de cinq personnes est entré en fonction: Ruth Lasters, Lotte Dodion, Yannick Dangre, Proza-K et Lies Van Gasse. La première a démissionné prématurément parce que le collège échevinal venait de rejeter son poème intitulé «Losgeld» (Rançon). Elle y critiquait l’inégalité de traitement dont sont victimes les enfants et les adolescents dans l’enseignement professionnel.
Esohe Weyden, poète d’Anvers: «Il faut se montrer sociable et entreprenant, disposer d’un réseau dans sa propre ville afin d’initier des projets du tonnerre. Il me paraît logique que le stadsdichter soit entre autres choisi sur la base de tels critères.» (Photo de l’autrice et de son poème écrit à l’occasion des vingt ans de la bibliothèque Permeke). © Koen Broos
Lasters ayant quitté le bateau, les quatre autres ont décidé de la suivre. Selon les mots de Dodion, tous estimaient qu’un stadsdichter n’avait plus, en l’espèce, la possibilité «de s’approprier l’espace critique dont il disposait par le passé». Par ailleurs, ils considéraient comme problématique le fait que, contrairement à ce qui se faisait auparavant, aucun accord concret n’avait été consigné par écrit.
Depuis, Anvers a une nouvelle poète municipale en la personne d’Esohe Weyden. Désormais, l’administration locale aborde la question de façon différente: ce n’est plus la ville qui est le commanditaire, mais un conglomérat réunissant les principales institutions culturelles locales. Celles-ci ont constitué le jury qui a finalement choisi Weyden. Elles accordent à cette dernière une totale liberté artistique.
De la poésie sur un pull
La nomination de Weyden a été largement relayée par les médias, ce qui a valu à la jeune femme d’être immédiatement sollicitée de toutes parts. «Cela correspond bien à mes ambitions: je veux faire de ce mandat une collaboration étroite. Plus il y a de gens qui m’approchent, mieux c’est.»
Weyden vient du monde du spoken word. Elle aime déclamer ses créations. Qui plus est, elle espère les rendre à chaque fois visibles sur divers supports –peu importe qu’il s’agisse de la façade d’un bâtiment ou d’un pull. «Je trouverais cela très beau si mes poèmes venaient à trouver une place durable dans la ville. En outre, j’aspire à me produire lors d’événements qui n’attirent pas uniquement des amateurs de poésie, et aimerais beaucoup m’inspirer de ces ‘‘néophytes’’. De la sorte, j’espère toucher des personnes qui ne sont pas encore de grands fans de littérature.»
En 2019, le poème de Maud Vanhauwaert «Deze oude lieve vrouw» (Cette chère vieille dame) ornait la cathédrale Notre-Dame d’Anvers. © Maud Vanhauwaert
Ces souhaits s’inscrivent parfaitement dans la fonction qu’elle occupe, laquelle a souvent bénéficié d’une grande visibilité dans l’espace public. Ainsi, des vers de son prédécesseur Tom Lanoye sont apparus sur la Boerentoren, un gratte-ciel d’Anvers, et certains de Stijn Vranken, sur un pont. Quant à la poésie de Maud Vanhauwaert, elle a orné des clochers, des conteneurs maritimes, des panneaux publicitaires (dans le genre de ceux que portent les hommes-sandwichs) ou encore des banderoles; par ailleurs, sa production a pu prendre la forme d’un jeu de piste, d’un jeu de marelle, d’un disque de stationnement, d’un livret de mariage, d’un livre de coloriage ou de mots mystères.
Les aspirations de Weyden confirment que la mission du poète municipal embrasse bien plus qu’une simple activité d’écriture et de déclamation. «Il faut se montrer sociable et entreprenant, disposer d’un réseau dans sa propre ville afin d’initier des projets du tonnerre. Il me paraît logique que le stadsdichter soit entre autres choisi sur la base de tels critères.»
Quelques centaines d’euros
À Leyde, Zoë van de Kerkhof a elle aussi abordé son rôle avec ambition. Même si les nombreuses échéances, mais aussi l’aspect financier, l’ont parfois épuisée. «Je n’aime pas parler argent, mais au bout du compte, il faut bien que j’aie de quoi payer mes frais fixes. De plus: comment traduire la poésie en euros? Il m’arrive de ruminer un poème pendant des mois. Bien sûr, si j’ai entre autres souhaité offrir de la poésie à des associations et des fondations caritatives, il n’en demeure pas moins que je dois pouvoir vivre de mon écriture.»
Un bon poète officiel ne se contente pas d’écrire des vers; il préfère lancer des tas de projets variés
Il semble presque impossible de fixer une rémunération adéquate pour une fonction aussi composite, a constaté Van de Putte lors de son tour d’horizon. «On relève de grandes différences de rémunération. Certains stadsdichters perçoivent une allocation annuelle de quelques milliers d’euros versée par la municipalité; d’autres quelques centaines d’euros par prestation, par exemple une performance sur scène. Cette dernière formule fonctionne plutôt bien lorsque le nombre de ces interventions a été arrêté contractuellement, mais les choses se compliquent dès lors que le poète travaille sur la base de projets ou s’il lui faut remplir de nombreuses fonctions annexes: être membre d’un jury, faire acte de présence en toutes sortes d’occasions, etc.»
En résumé, un bon poète officiel ne se contente pas d’écrire des vers. Il préfère en effet lancer des tas de projets variés. «Cela suppose de mettre à sa disposition des budgets distincts de sa rémunération fixe, explique Van de Putte. Or, dans la collaboration avec la commune, on relève souvent un manque de clarté à ce sujet. C’est regrettable. Étant donné que la plupart des poètes en question doivent joindre les deux bouts grâce à leur plume, il est important de prêter attention à cette question.»
Développement de nouveaux talents
Dans ces contrées septentrionales, on n’aborde pas forcément partout la fonction de la même manière, constate le même Van de Putte. «Aux Pays-Bas, on adopte souvent une formule assez souple, qui suppose que le poète livre une poignée de poèmes par an. Curieusement, ce type de collaboration assez informelle incite souvent ce dernier à produire bien plus que ce qu’on lui demande. En Flandre, je constate davantage d’accompagnement d’auteurs prometteurs, par exemple sous la forme d’un programme de mentorat. Cela a des effets positifs: le mandat du stadsdichter gagne en profondeur et en impact sur la ville. En associant à cette fonction un encouragement au développement de nouveaux talents, on forme de futurs poètes officiels potentiels.»
On trouve un bel exemple d’un tel programme près de la frontière française, à Courtrai: un collectif stimule des interventions dans la région tout en faisant office d’ambassadeur du Memento Woordfestival dans la localité même. Ce groupe est dirigé par un «Letterzetter» (Typographe), qui prépare des jeunes moins expérimentés et les aide à intégrer le circuit professionnel. Jusqu’à la mi-2026, c’est Myriem El-Kaddouri qui remplit ce rôle de pionnière.
Myriem El-Kaddouri (au centre en haut) est la «Typographe» du collectif Letterzetter de Courtrai: «Ainsi s’est rapidement formée une petite bande soudée, au sein de laquelle on apprend à bien se connaître.» © Letterzetter
Il ne s’agit donc pas d’un poste de poète officiel classique, souligne cette dernière: «Ce rôle ne tourne pas autour de moi en tant que personne: je ne suis que le capitaine d’un bateau sur lequel embarquent nombres de jongleurs de mots. Il s’agit d’un parcours destiné à des gens de la région de Courtrai, âgés de dix-huit à vingt-huit ans, qui caressent des ambitions dans le domaine littéraire, que ce soit en tant qu’écrivain ou comme artiste de spoken word.»
Le processus en question ne répond pas à des règles bien arrêtées: chacun peut le rejoindre et le quitter quand bon lui semble. D’ailleurs, il revêt diverses formes. «On a des collaborations régulières avec d’autres collectifs ainsi qu’avec des festivals et différentes scènes. On répartit les projets entre les membres du collectif, en fonction de ce qui correspond le mieux au parcours et au développement de l’un ou de l’autre.»
Le groupe se réunit le dernier vendredi de chaque mois à la bibliothèque municipale pour discuter de ce sur quoi chacun travaille et de ce pour quoi chacun pourrait avoir besoin d’aide. «Ainsi s’est rapidement formée une petite bande soudée, au sein de laquelle on apprend à bien se connaître», constate El-Kaddouri.
Collectif
Le Memento Woordfestival, qui se déroule le deuxième week-end de mars, constitue le point d’orgue annuel de son mandat. «En tant que Letterzetter, je suis la curatrice du programme et j’intègre le collectif dans les activités. Par ailleurs, on essaie de donner plus de visibilité à la poésie dans la ville, par exemple en collant des affiches dans l’espace public.»
Bien entendu, dans sa fonction, El-Kaddouri écrit des vers pour Courtrai, mais là n’est pas l’essentiel à ses yeux: «L’an passé, il n’y en a eu que deux: un poème de lancement et un autre pour le club de foot. Je suis bien plus un ‘‘catalyseur’’ pour les jeunes, afin qu’ils trouvent leur place sur scène et dans la localité. Pour cela, on recherche volontiers la collaboration de divers partenaires –non seulement dans la région, mais aussi au-delà. De la sorte, on essaie de générer des commandes à différents échelons et dans différents secteurs. Cela offre aux créateurs au sein du collectif une chance de développer une pratique professionnelle à plusieurs niveaux.»
El-Kaddouri voit dans le collectif une solution très précieuse: «En mettant au centre des valeurs telles que la générosité, l’ouverture et le partage des connaissances, il offre un contrepoids aux mécanismes qui divisent les créateurs. On apprend beaucoup les uns des autres ainsi que d’autres collectifs, y compris de certains actifs au-delà des frontières nationales: voici peu, on a rendu visite à l’un d’eux à Tilburg –une ville qui, pas plus que Courtrai, ne se trouve au cœur du monde de l’édition–, lequel est venu ensuite chez nous. Il serait dommage de s’arrêter à la frontière qui sépare le nord de la Belgique des Pays-Bas: après tout, on parle la même langue. Je perçois toutefois une différence quant à la culture se rapportant à l’écriture: aux Pays-Bas, il semble y avoir plus de place pour les croisements avec d’autres arts, tandis qu’en Flandre, la conception de la littérature demeure un peu plus classique. Mais tout bien considéré, on a tous le même objectif: apporter la poésie aux gens.»
Ciment poétique
Pour finir, revenons à mes ambitions. Le décès d’un être cher le jour de la date limite de remise des candidatures a tranché à ma place: tout était prêt, mais une fois que je me suis retrouvée devant l’écran, les émotions qui me tourmentaient m’ont empêché de cliquer sur «Envoyer». Je le regrette, plus encore d’ailleurs, je l’avoue sans me cacher, depuis mes échanges avec les nombreux stadsdichters que j’ai interviewés en vue de rédiger le présent article.
Entre-temps, un nouveau poète municipal a été choisi: au printemps 2025, Raymond Tilma a succédé à Zoë van de Kerkhof. Je lui souhaite toute la réussite possible, et me console en me disant que le mandat n’est pas éternel. Peut-être aurai-je un jour la chance d’être le ciment poétique de ma ville natale.








Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.