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Un nouveau chapitre: Ons Erfdeel quitte Rekkem pour s’installer à Gand

12 janvier 2026 3 min. temps de lecture

Après plusieurs décennies passées à Rekkem, à la frontière franco-belge, Ons Erfdeel s’apprête à changer d’ancrage. Au printemps prochain, l’institution culturelle flamando-néerlandaise, connue notamment pour ses revues et plateformes de lage landen, les plats pays et the low countries, quittera la commune de Flandre-Occidentale pour s’installer au cœur de Gand, dans la Huis van Oombergen. Un déménagement qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de l’organisation.

Ce tournant marque la fin d’un long chapitre entamé en 1957, année où Jozef Deleu fonde la revue Ons Erfdeel. À ses débuts, l’ensemble des activités -rédaction, administration, expédition- est assuré depuis son domicile de Rekkem, littéralement posé sur la ligne de démarcation entre la Belgique et la France. Le succès rapide de la publication impose toutefois une professionnalisation de la structure. En 1970 est créée la Stichting Ons Erfdeel vzw; deux ans plus tard, Het Dialoogcentrum (Centre de dialogue) d’Ons Erfdeel voit le jour en pleine campagne, à quelques centaines de mètres de la maison de Deleu. Le bâtiment devient alors le cœur opérationnel et symbolique de l’organisation, mais aussi un lieu de rencontres et de débats autour de la culture flamando-néerlandaise.

L’éloignement géographique, loin d’être un handicap, est longtemps revendiqué comme une force. Rekkem occupe en effet une position singulière, à la fois réelle et métaphorique: située à la frontière entre la France et la Belgique, la commune incarne un espace de passage, de frottement et de dialogue entre langues, cultures et identités. Pendant des années, ce cadre s’avère parfaitement en phase avec la vocation d’Ons Erfdeel, engagée depuis près de soixante-dix ans dans le dépassement des frontières et le rapprochement entre les néerlandophones et tous ceux qui, ailleurs dans le monde, s’intéressent à la culture des Plats Pays.

Cette situation frontalière attire d’ailleurs de nombreuses figures de premier plan. Écrivains reconnus, universitaires, diplomates, responsables politiques de sensibilités diverses -et même plusieurs membres de familles royales- effectuent ce que l’on appelle alors, non sans une pointe d’ironie, le «pèlerinage à la schreve», jusqu’au bâtiment blanc dressé à un jet de pierre de la frontière.

Aujourd’hui, cependant, ce cadre rural ne répond plus aux besoins de l’organisation. Le bâtiment de Rekkem n’est plus adapté aux exigences d’un environnement de travail contemporain et se prête mal aux dynamiques collaboratives appelées à se renforcer dans les années à venir. L’administrateur délégué, Gijsbrecht Ostyn, le constate sans détour: «Notre situation périphérique, combinée à une offre limitée de transports publics, complique l’arrivée de jeunes talents aux parcours variés et freine les collaborations régulières avec d’autres organisations. Pour nos nombreux collaborateurs des Pays-Bas, la distance constitue de plus en plus un obstacle».

Le choix s’est donc porté sur Gand. Dès ce printemps, Ons Erfdeel prendra ses quartiers dans la Huis van Oombergen, un bâtiment historique situé en plein centre-ville, qui accueille également l’Académie royale de langue et de littérature néerlandaises (De Koninklijke Academie voor Nederlandse Taal en Letteren, KANTL).

«En nous installant dans un environnement urbain central, doté d’une vie culturelle dense et de nombreuses institutions d’enseignement, nous renforçons à la fois notre visibilité, notre accessibilité et nos liens avec le public et nos partenaires», explique encore Ostyn. «Nous voulons que notre arrivée à Gand se traduise par une maison ouverte, un lieu où le contact avec nos lecteurs pourra être plus direct et plus vivant».

Ce déménagement n’aura toutefois aucune incidence sur la ligne éditoriale ni sur la relation avec les abonnés, assure le rédacteur en chef Tom Christiaens. «Nos lecteurs peuvent être rassurés. Quitter Rekkem ne signifie en rien que nous tournerons le dos à la région frontalière franco-belge. C’est là que se trouvent nos origines, et c’est de là que nous venons. L’intérêt de notre lectorat pour notre relation avec la Flandre française demeure d’ailleurs très fort, tant du côté de de lage landen que de les plats pays. Ons Erfdeel a toujours su conjuguer regard tourné vers l’avenir et fidélité à son héritage. Cela ne changera pas».

La rédaction

les plats pays: miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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