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Lihf: L’Info Histoire de Flandre, pour une Flandre ouverte sur le monde

3 avril 2026 4 min. temps de lecture Le sentiment flamand

Depuis ses nouveaux locaux de Bailleul et sur internet, Lihf: L’Info Histoire de Flandre, se donne pour mission de diffuser une culture flamande qui regarde au-delà de ses frontières. «Notre maître-mot, c’est l’information. Notre combat, c’est de ne pas avoir une idée étroite de la Flandre».

Ils sont comme «cul et chemise», s’amusent-ils à dire pour se présenter. Ils se connaissent tellement qu’ils sont capables de se dire les choses franchement, et même d’écrire des livres ensemble en témoigne le récent Cassel, une histoire flamande qu’ils signent aux éditions Yoran Embanner. Et ils sont surtout amoureux de la Flandre au point qu’Éric Vanneufville et François Hanscotte ont fondé Lihf: L’Info Histoire de Flandre. Une structure qui trouve son origine il y a dix ans, quand le premier, qui se voit vieillir, souhaite que sa collection de livres d’histoire de la Flandre, environ un millier d’ouvrages, soit mise en sécurité.

De fil en aiguille, la Ville de Bailleul lui propose un local rue Pharaon-de-Winter. Un premier écrin que l’association vient tout juste de quitter pour rejoindre une petite bâtisse attenant à la médiathèque, l’une des plus belles réussites de la reconstruction de la cité flamande, à l’angle des rues d’Ypres et des Sœurs noires.

Au fil des années, la collection a grandi. Désormais, Lihf compte 4000 livres, apportés par la trentaine de membres de l’association, mais aussi donnés par des particuliers, des institutions des deux côtés de la frontière. Ces ouvrages, parfois très rares, sont à consulter sur place. Un cinquième sont en néerlandais. Mais Lihf, qui fait partie de la Fédération des Sociétés savantes du nord de la France, ne se veut pas qu’une bibliothèque spécialisée, en témoignent les murs qui commencent à se couvrir d’affiches et de tableaux: l’ancien hôtel de ville de Cassel, un moulin, une antique carte postale des environs d’Hazebrouck. «Notre but c’est que même quelqu’un qui entre et ne consulte pas de livres puisse repartir avec une vision de ce qu’est la Flandre».

Une région que l’association promeut aussi à travers une série d’expositions à domicile ou prêtées tantôt à Izegem (la ville belge jumelle de Bailleul), tantôt au café des Orgues d’Herzeele, etc.: sur la bière, le front 14-18, l’eau et la Flandre, l’architecture flamande, … Sans oublier l’action de conférenciers de ces érudits, dont la plus récente donnée le 23 février dernier à Cassel. «Sur le thème de la Flandre sous les archiducs Albert et Isabelle», indique ainsi Eric Vanneufville.

Et bien sûr, Lihf, c’est aussi un site, et surtout une page Facebook aux plus de 20 000 abonnés. François Hanscotte poste quotidiennement, sauf le week-end, des infos sur la Flandre. La semaine de notre visite, on y trouvait une référence au saucisson de cheval bien connu des Flamands, une photo de l’église Saint-Martin de Winnezeele, une autre d’une sentinelle  dans une tranchée près du bois de Ploegsteert en janvier 1917, une carte postale de Zuydcoote, une petite présentation de Steene, une photo de Gravelines en 1970… Bref, un éclectisme de publications qui ont pour point commun: la volonté de partager des informations sur la Flandre française, la Flandre belge, la Flandre zélandaise et même la Flandre artésienne «car nous ne voulons pas être restrictifs».

Autre atout de cette page: elle permet aussi de rajeunir l’audience de Lihf, mais aussi d’élargir son audience géographique à des Flamands expatriés, constatent les deux hommes. Ce qui tombe plutôt bien puisqu’un credo revient sans cesse dans leur esprit: «l’ouverture». L’ouverture pour eux, c’est promouvoir cette Flandre qui dépasse la simple frontière linguistique, celle qui s’est formée au Moyen Âge, celle qui a eu des relations avec le Hainaut, avec Saint-Omer, celle qui est un couloir, une terre de migrations et d’échanges depuis toujours.

Une Flandre au sens large qui conduit chaque année l’association à une excursion, comme en septembre 2025 à Fort Liefkenshoek et Fort Lillo dans l’estuaire de l’Escaut. Une ouverture, sans aucun appétit de conquête linguistique mais qui défend d’abord l’apprentissage du néerlandais à l’école, avant les combats autour du flamand, un «idiome». «Nous faisons en sorte qu’à la permanence, chacun connaisse le néerlandais. Notre combat, c’est de ne pas avoir une idée étroite de la Flandre, et surtout resituer l’image de cette Flandre qui, si elle n’avait pas sa partie belge pour le rayonnement international, serait simplement l’arrondissement d’Hazebrouck dans le nord de la France.  Nous ne voulons pas perdre notre temps à nous écharper sur les questions de Ch’tis et de Flamands, nous voulons simplement être les relais de ressources pour ceux qui cherchent à en savoir plus sur notre région. Tout en faisant attention à la mauvaise foi, véhiculée par des gens qui sont parfois dans un délire total et des combats d’arrière-garde…  Notre maître-mot, c’est l’information».

Et le rétablissement de vérités historiques, la lutte contre les conceptions erronées: la Flandre, ce n’est pas l’extrême-droite qui veut envahir le Nord… «Qui a fondé le syndicalisme, donnant naissance au socialisme, à Lille, Roubaix, Tourcoing? Des Flamands belges! Qui a écrit l’Internationale?»  Des sujets autour desquels vous pouvez  bien évidemment discuter en poussant la porte de Lihf à Bailleul, ouvert trois jours par semaine, les mercredi, jeudi et vendredi. En néerlandais ou en français, dans un esprit d’ouverture..

Montard

Nicolas Montard

Journaliste free-lance et cofondateur du magazine en ligne DailyNord.

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