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histoire

Le palais effacé de Charles Quint à Gand

Par Derek Blyth, traduit par Faculté de traduction de l’université de Mons
1 juillet 2026 2 min. temps de lecture Les Plats Pays inusités

Presque personne ne visite le Prinsenhof (la cour des Princes) à Gand. Pourtant, cette place paisible et arborée était autrefois la cour d’un magnifique palais du XVe siècle qui comptait plus de 300 pièces, un jardin d’agrément et un zoo abritant des lions.

C’est en ce lieu que, le 24 février 1500, Jeanne de Castille donne naissance à un garçon. Ce dernier grandit et devient empereur sous le nom de Charles Quint, héritant ainsi de terres qui s’étendent à travers l’Europe, des Pays-Bas jusqu’à l’Espagne.

Le palais a disparu comme s’il n’avait jamais existé. Il en reste bien quelques vestiges composés d’une porte fortifiée appelée la Donkere Poort (la porte sombre), d’un modèle réduit du complexe et d’une statue en bronze de Charles, installée au centre de la place en 1966.

Non loin de là, la passerelle qui traverse le canal de la Lieve, est appelée le pont des Plaisirs de l’Empereur (de Brug der Keizerlijke Geneugten). Elle est ornée de quatre sculptures réalisées par le chanteur folk Walter De Buck, illustrant des épisodes de la vie de Charles Quint. Trois de ces œuvres montrent l’empereur qui séduit de jeunes femmes.

Gand n’est pas particulièrement attachée à Charles. On retient surtout de lui un événement survenu le 24 février 1540, jour de son quarantième anniversaire : il humilie les édiles municipaux qui avaient refusé de payer un impôt. Il les force à parcourir la ville pieds nus, une corde de pendu autour du cou. Depuis cet événement, les habitants de Gand sont surnommés les Stroppendragers ou « porteurs de nœud coulant », symbole de leur résistance contre la tyrannie et l’autorité mal placée. Une statue moderne installée juste à l’extérieur de la Donkere Poort représente l’un des Stroppendraggers.

La ville a également installé deux plaques à l’intérieur de la Donkere Poort sur lesquelles figurent les noms des hommes et femmes exécutés à Gand sous le règne de Charles Quint. Certains ont été décapités et d’autres envoyés au bûcher. Une femme nommée Anna van de Velde a été enterrée vivante.

Ces victimes étaient majoritairement protestantes et plaidaient en faveur d’une nouvelle religion. Mais Charles s’y opposait fermement.

Derek Blyth

Derek Blyth

journaliste

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