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Un dialecte transfrontalier aux sources du néerlandais écrit

Par Jan Goes
31 août 2026 17 min. temps de lecture

Flamand occidental, flamand de France, néerlandais : des réalités linguistiques proches mais différentes, qui suscitent souvent la confusion chez les francophones. Ostendais installé dans le nord de la France, Jan Goes retrace l’histoire du flamand occidental et montre comment ce dialecte parlé de part et d’autre de la frontière a contribué à façonner le néerlandais.

Dans le nord de la France, on me demande souvent « vous parlez flamand? ». Ce à quoi je réponds toujours poliment que je parle néerlandais. La réponse n’est au fond pas si simple que cela : le terme flamand (Vlaams) tout comme celui de Flandre (Vlaanderen) revêtent plusieurs sens, lesquels dépendent largement des locuteurs et des politiques linguistiques.

Les Français qui me demandent si je parle « flamand » désignent par ce terme la langue néerlandaise tout court. D’autres parleront du « hollandais ». Ils désignent tous la langue néerlandaise, het Nederlands (la langue parlée dans les Plats Pays, de Nederlanden/de Lage Landen), par le nom de l’une ou l’autre de ses variantes importantes.

Une confusion qui ne date pas d'hier

Cela remonte assez loin dans le temps : l’habitude d’utiliser le terme flameng pour le néerlandais, donc pas pour sa variante méridionale, est née en langue française, où ce terme a été utilisé dès le dernier quart du XVe siècle. Il s’agit autrement dit d’un gallicisme. En cela, les Français sont parfois aidés par les locuteurs natifs eux-mêmes : les Flamands, habitants de la partie néerlandophone de Belgique, sont d’avis que les Néerlandais parlent le hollandais, et disent parfois d’eux-mêmes qu’ils parlent le flamand, reprenant ainsi ce gallicisme pour désigner le néerlandais de Belgique.

Le terme vlaemsch apparaît déjà au XIIIe siècle dans les œuvres du poète Jacob Van Maerlant pour désigner la langue du comté de Flandre, tandis que Nederlands n’apparaît pour la première fois qu’en 1482 pour désigner une langue commune aux habitants des Plats Pays. De nos jours, le terme vlaemsch, par son orthographe archaïque, ne fait plus allusion qu’au flamand occidental de France.

Pour ne pas arranger les choses, le nom géographique de Flandre désigne lui aussi des entités géographiques différentes. D’abord, l’ancien comté de Flandre, qui englobait la Flandre française, la Flandre zélandaise (faisant de nos jours partie des Pays-Bas), la Flandre-Occidentale et la Flandre-Orientale. Puis le terme a pu désigner la Flandre-Occidentale et la Flandre-Orientale. Enfin, il désigne la partie de la Belgique où on parle le néerlandais.

C’est dans le premier sens qu’on doit comprendre l’intitulé du Woordenboek van de Vlaamse dialecten (Dictionnaire des dialectes flamands, 1978-2018) qui traite des dialectes sur le territoire de l’ancien comté de Flandre. Plus récent, l’Atlas van de Dialecten in Vlaanderen (2022, Atlas des dialectes en Flandre) couvre par contre toute la Belgique néerlandophone, la Flandre française et la Flandre zélandaise.

Ces distinctions ne sont donc pas sans importance. Précisons néanmoins que les dialectes (ou langues régionales) ne connaissent pas les frontières officielles, mais s’inscrivent dans un continuum avec des zones de transition entre eux. C’est pourquoi les auteurs de Het verhaal van een taal, negen eeuwen Nederlands (L’histoire d’une langue: neuf siècles de néerlandais), ont décidé de considérer comme dialectes néerlandais les variantes parlées dans les régions où la langue standard est le néerlandais, ce qui correspond aux frontières nationales des Pays-Bas et à la frontière linguistique en Belgique. Le flamand occidental constitue la seule exception à cette règle : ce regiolecte transfrontalier est parlé à la fois en Belgique et en France.

Aux sources du néerlandais écrit

Le tout premier texte en ancien néerlandais est un petit vers d’amour, écrit par un moine à Rochester, vers 1100, pour essayer une nouvelle plume :
Hebban olla vogala nestas hagunnan
Hinase hi(c) (e)nda thu
Uu(at) unbida(n) (uu)e nu

Il a également écrit la traduction latine de ce vers :
Abent omnes volucres nidos inceptos
Nisi ego et tu
Quid expectamus nu(nc)
(Tous les oiseaux ont commencé leur nid, sauf toi et moi. Qu’attendons-nous maintenant ?)

Le moine en question écrivait en flamand occidental, ce qui est visible dans les problèmes qu’il rencontre avec le h : il écrit hic au lieu de ic (moi), et abent au lieu de habent. On retrouve aussi un ingvæonisme dans ce petit texte (ce terme sera expliqué plus loin), notamment le pluriel en s de nestas (cf. nests en anglais), que l’on retrouve encore aujourd’hui en flamand occidental: stiers (taureaux) au lieu de stieren en néerlandais, schoes (chaussures), au lieu de schoenen.

Au fil du temps, le flamand occidental et le flamand oriental vont prendre une place importante dans la formation du néerlandais, surtout au Moyen Âge, grâce à l’importance que prendront les villes de Bruges, Ypres et Gand. Au XIIIe siècle, notamment à travers des œuvres littéraires comme Merlijn de Jacob van Maerlant ou Van den vos Reinaerde, les sons, les mots et les constructions circulent d’ouest en est et contribuent à façonner un paysage littéraire et linguistique commun.

C’est dans le comté de Flandre que la langue vulgaire a d’abord été adoptée pour la rédaction de textes littéraires et administratifs. La Zélande et le Brabant ont ensuite suivi. C’est aussi dans le comté de Flandre et, dans une moindre mesure, dans le Brabant et en Holland, que la tradition écrite a commencé à se développer, ce qui a contribué à unifier la langue.

Dans la littérature ou dans les textes administratifs, on lit d’ailleurs des formes qui ont persisté jusqu’à nos jours en flamand occidental : muus /mys/ , huus /ys/ , wies /wis/, pour respectivement muis /mœys/, huis /hœys/, wijs /wɛjs/ en néerlandais standard actuel [souris, maison, sage].

Que l’on s’essaie déjà à une langue plus ou moins unifiée s’explique par le fait que les gent de lettres souhaitaient être lus par un grand nombre de personnes, une tendance qui va s’accélérer avec l’invention de l’imprimerie.

Au Moyen Âge, le flamand (principalement le flamand occidental) domine dans la langue écrite, avant que le dialecte brabançon ne lui dérobe la première place aux XVe-XVIe siècles, sous les Ducs de Bourgogne, puis sous Charles Quint.

La standardisation se déplace vers le nord

Après 1500, la fin de la période bourguignonne, l’histoire bascule : les guerres de religion poussent un grand nombre de gens du sud vers le nord, les futurs Pays-Bas, qui deviendront ainsi le berceau du néerlandais standard.

Le XVIe siècle est également le siècle des humanistes : ces derniers écrivaient en latin, comme le fait le plus connu d’entre eux, Érasme de Rotterdam (1466-1536). Or dans toute l’Europe des voix s’élèvent en faveur de l’utilisation de la langue du peuple dans tous les domaines. Pour que cette dernière puisse égaler les langues classiques – réputées être parfaites – il fallait la construire et l’épurer.

Ainsi, dès le début du XVIe siècle, les imprimeurs tels que Jan Gymnich, Thielman Susato (à Anvers), Joos Lambrecht à (Gand), s’insurgent contre la présence de gallicismes au sein du néerlandais – actuellement encore omniprésents dans le flamand (occidental). Par l’émigration mentionnée précédemment, les dialectes du sud (flamand et brabançon) gardent une petite influence dans la formation de la langue standard (Simon Stevin, inventeur de la terminologie mathématique en néerlandais était brugeois), mais la tendance se renverse et que le nord influence désormais le sud.

Pendant de longs siècles, le sud ne pèsera plus sur la formation du néerlandais. Ce n’est qu’au XXe siècle que la langue standard reviendra du nord en Flandre belge, même si vers la fin du XVIIe siècle le rhétoriqueur dunkerquois Michiel de Swaen s’efforce à écrire un néerlandais intelligible de tous. En parallèle, on continue évidemment à y parler les dialectes. Au XVIIIe siècle on peut écrire à Courtrai :
Wy zyn als bed’laers die de spaend’ren
Oprapen van de tael van Vlaend’ren
(Nous sommes comme des mendiants
Qui ramassons les miettes de la langue des Flandres)

Du point de vue géographique, le flamand occidental perd littéralement du terrain : la frontière linguistique séparant le flamand des dialectes romans, notamment du picard, se déplace vers le nord, pour se stabiliser sur une ligne allant d’Étaples à Lille. Au fil des siècles, elle continuera de bouger vers le nord.

Les raisons de cette évolution sont multiples : la pression du picard, autre langue de prestige au Moyen Âge, puis le prestige du français, après l’annexion de la Flandre française par Louis XIV, et finalement, à partir de 1789, la politique de la République française, qui interdisait tous les « patois » sur le sol national.

Des ingvæonismes communs

Le flamand occidental est une langue régionale transfrontalière, avec diverses variantes, que l’on peut considérer comme des dialectes, voire des dialectes urbains (l’ostendais, par exemple, que parle l’auteur de ces lignes). L’intercompréhension entre les différents dialectes et dialectes urbains de cette région est plus élevée qu’au sein des autres régiolectes du néerlandais (brabançon, limbourgeois).

Le flamand occidental de Belgique et celui de France ont tous deux gardé de nombreux archaïsmes, notamment les sons [i] et [y] pour wien (wijn, vin) et uus (huis, maison). On remarquera également la disparition du h (oane = haan, coq), ce qui implique que le g doux du néerlandais de Belgique est remplacé par le h (gaan > haan, aller).

Des deux côtés de la frontière (de schreve), les variantes du flamand occidental se partagent aussi les ingvæonismes déjà mentionnés : il s’agit de l’héritage du germanique occidental parlé par les Germains de la côte (Kust-West-Germanen) qui ont occupé l’Angleterre, la Flandre (occidentale et orientale), la Zélande et la Hollande.

LISEZ PLUS SUR L’INGVAEONIQUE 

Les locuteurs du flamand occidental ont ainsi maintenu le e, i et u gras, dans bid, bed, dus (prie, lit, donc). La prononciation de put (trou) en pit, le /ow/ de koud (froid) qui devient oe /u/ (koed), le pluriel en s (zeuns, au lieu de zonen (fils)) sont autant d’ingvæonismes. Ce type de pluriel est plus fréquent en flamand de France : taks (takken, branches), broks (brokken, morceaux).

Il existe évidemment quelques différences entre le flamand occidental de France et celui de Belgique, notamment avec le dialecte urbain d’Ostende que je parle, en particulier du point de vue de la prononciation :
Flamand de France : ‘t Avend eetn me stuutn me vasje butter en e stiksje zwienevleeësj [on constate que le e long est une légère diphtongue]
Ostendais: ‘s Avens eetn we stuutn mè vasche butter en e stiksje zwienevlèès [le e est très ouvert (mè), et n’a pas de diphtongue (vlèès)).
(Le soir nous mangeons des tartines avec du beurre frais et un morceau de viande de porc).

Un même flamand, en France et en Belgique ?

Le flamand occidental parlé en France et celui parlé en Belgique ont conservé un fonds linguistique largement commun, mais plusieurs siècles d’évolution dans des environnements différents ont laissé leur empreinte. Le vocabulaire et les formes grammaticales restent souvent très proches, parfois avec de simples différences de prononciation. Dans d’autres cas, les deux variétés ont développé des mots distincts. Le contact plus étroit avec le français a aussi laissé des traces particulièrement nombreuses dans le flamand occidental de France, tant dans le vocabulaire que dans la syntaxe.

Parfois, le vocabulaire est identique, mais la prononciation diffère légèrement. Je me base ici sur la prononciation du dialecte urbain d’Ostende ; l’orthographe est celle des dictionnaires du West-vlamsch et de l’ostendais :

Flamand occidental de France Ostendais Néerlandais Français
beuter butter boter beurre
butterschiete/, butterschyter buttersjhuute(r),  buttersjhiete vlinder papillon
dost dust dorst soif
drieve druve druif raisin
e valt je volt hij valt il tombe
koppe kobbe spin araignée
zeurzen / zeuren zeuren vals spelen tricher

Dans d’autres cas, des mots différents sont utilisés pour désigner une même réalité :

Flamand occidental de France Ostendais Néerlandais Français
bachten achter ou bachtn (vx) achter derrière
blutsekop kletsekop kaalhoofd chauve (subst.)
beien wachten wachten attendre
beurzeneusdoek zakneusdoek zakdoek mouchoir (de poche)
steeëns koekes ruiten carreau (cartes)
zuutstok kalisjhoet zoethout bâton de réglisse

Les deux variétés intègrent également des emprunts au français :

Flamand occidental de France Ostendais Néerlandais Français
fersjette fersjette vork fourchette
marsjang marsjang handelaar marchand
pertank pertank / pertanks nochtans pourtant
velow vilo fiets vélo

Ces emprunts sont évidemment beaucoup plus nombreux dans le flamand occidental de France, en contact direct avec la langue française :

Flamand occidental de France Ostendais Néerlandais Français
Allemaan ou Duutsch Duuts / Duutser Duitser Allemand
allocation kindergeld kinderbijslag allocation
essence, nafte nafte benzine essence
maire, burgemeëster burgemèèster burgemeester maire
têtard  ou puudejoengk, puutshoofd dikkoptje kikkervis têtard

L’influence du français se retrouve également dans la syntaxe du flamand occidental de France. Par exemple, l’ordre des mots peut suivre celui du français :
Gistern m’n ewist an de zeeë me de joeëns,
qui adopte l’ordre du français :
Hier on est allé à la mer avec les garçons.
We zie(n) gisteren no de zèè gewist mè de joengens (Ostende)

Le flamand occidental de Belgique ne connaît pas, en revanche, le code-switching que l’on rencontre fréquemment en France, où le français peut s’introduire dans la conversation en fonction du sujet abordé :
M’n oeders zien van òòzebroeck ; me vòòder, il a toujours travaillé dans les mines du côté de Lens. [Mes parents sont de Hazebrouck, mon père …]

Ces différences n’empêchent toutefois pas une grande intercompréhension, comme j’ai moi-même pu le constater en conversant avec des locuteurs des deux côtés de la frontière.

En recul des deux côtés de la frontière

Selon le Dictionnaire du flamand occidental de France (ANVT, 2018), l’UNESCO considère le flamand occidental parlé en France et en Belgique comme vulnérable. Les causes de cette fragilité sont néanmoins tout à fait différentes.

En Belgique, il y a une perte de dialecte généralisée – moins prononcée pour le flamand occidental que pour les autres dialectes – au profit d’une langue « intermédiaire » (tussentaal), qui combine des caractéristiques des dialectes avec celles de la langue standard. Actuellement, le paysage linguistique du néerlandais en Belgique se présente ainsi : à côté du néerlandais standard, venu des Pays-Bas, on utilise avec prédilection le VRT-Nederlands (néerlandais de la radio et de la télévision flamande de Belgique). Il est concurrencé par la langue intermédiaire (tussentaal), tandis que l’Algemeen Beschaafd Nederlands (littéralement : le néerlandais général civilisé, reliquat du néerlandais de Belgique du XIXe siècle) est en voie de disparition. Il existe également des régiolectes (le flamand occidental, oriental, le brabançon, le limbourgeois…), des dialectes plus restreints dans leur diffusion, et finalement des dialectes urbains (comme celui d’Ostende, qui est très marqué).

Rien de cela en France : le flamand occidental de France est un régiolecte isolé, étant donné que la langue dominante est le français ; le néerlandais standard n’est qu’une langue apprise à l’école. Certains locuteurs tentent de faire revivre la langue régionale, mais on peut vraiment se demander s’il y a encore suffisamment de natifs pour assurer la transmission. J’ai néanmoins rencontré des héritage speakers qui ont réappris la langue et la parlent couramment.

Selon le journaliste néerlandais Erik Driessens, il n’y aurait plus de locuteurs natifs. Dans Verborgen Taal (Langue cachée, 2024), il affirme n’avoir jamais entendu le flamand occidental de France, même pas dans les nombreux villages qu’il a sillonnés. Il fait état d’un déclin rapide du flamand occidental, dont le nombre de locuteurs serait passé de 500 000 à quelques rares individus. En France, cette langue régionale serait donc dans sa phase ultime d’extinction.

De son côté, l’ANVT/ILRF (Academie voor Nuuze Vlaemsche Taele / Institut de la Langue Régionale Flamande) avance des chiffres plus optimistes : entre 40 000 et 50 000 locuteurs en 2018. Ce nombre relativement important marque cependant une diminution de moitié par rapport aux statistiques de l’INSEE de 1999.

Cette disparition graduelle du flamand de France est due, d’un côté, à son isolement et à la politique de répression des langues régionales qui a longtemps sévi en France, de l’autre, à une association entre le flamand et la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale.

Peut-on encore sauver le flamand occidental ?

Différentes initiatives sont prises pour rendre une nouvelle visibilité au flamand occidental de France. L’ANVT/ILRF est très active et c’est grâce à elle que le flamand occidental a fait son entrée dans les écoles publiques du territoire flamand des Hauts-de-France. En 2018, l’ANVT a publié son Grand dictionnaire du flamand occidental de France (Den grooten woordenboek van ’t West-Vlamsch in Frankryk) avec le soutien de la région Hauts-de-France.

L’introduction du flamand occidental dans les écoles a néanmoins ravivé une discussion : celle de savoir laquelle des deux langues, du néerlandais ou du flamand, serait prioritaire dans l’enseignement, car, contrairement à l’allemand en Alsace, le néerlandais n’est pas reconnu comme langue régionale dans les Hauts-de-France. Si leur statut n’est donc pas le même, les deux langues peuvent être choisies à l’école et sont parfois mises en concurrence, selon les dires d’enseignants entendus à la Maison du néerlandais à Bailleul.

Il n’en reste pas moins qu’en 2008 la France a reconnu les langues régionales comme faisant partie de son patrimoine (sans ratifier toutefois complètement la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires). Depuis lors, la loi Molac (Journal Officiel du 23 mai 2021) veut protéger et promouvoir les langues régionales et reconnaît la signalétique bilingue. En 2018, la région Hauts-de-France annonçait la création d’un Office public du flamand occidental, mais celui-ci n’a toujours pas vu le jour.

Jan Goes

professeur à l’université d’Artois, associé au centre de recherche Grammatica

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